De la méfiance au dialogue : une formation essentielle du RÉSAL, coordonnée par le CIPC

Dans le cadre du développement des activités de renforcement des capacités du Réseau montréalais d’échange et de soutien aux initiatives locales (RÉSAL) pour l’automne 2025, le CIPC en tant que membre coordinateur, a organisé une formation en présentiel le 15 octobre. 

Financée par le programme Prévention Montréal de la Ville de Montréal, cet événement portait sur « Jeunes et police : dépasser la méfiance, construire la confiance », Animée par Victor Armony est Professeur titulaire au Département de sociologie de l’UQAM | Université du Québec à Montréal et chercheur au Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie.

Au cœur de la formation : 

✔ Questionner les dynamiques de confiance
✔ Explorer les défis actuels et les pistes de transformation
✔  Réaffirmer l’importance d’inclure les jeunes dans toute réflexion sur la sécurité et le vivre-ensemble

Pourquoi cette formation a fait la différence ? 

C’est une étape importante vers des approches plus humaines, inclusives et ancrées dans les réalités locales et par ce que la confiance ne se décrète pas, elle se construit — avec écoute, respect et avenir partagé.

Nous remercions chaleureusement Victor Armony ainsi que tous les participants pour leurs échanges stimulants et leurs réflexions pertinentes ! 

Retour sur l’école d’été du CIPC – Confiance et cohésion : repenser les liens entre la population et les institutions

Les 26 et 27 août 2025, le Centre international pour la prévention de la criminalité (CIPC) a tenu sa deuxième école d’été, consacrée à un enjeu central : la crise de confiance entre la population et les institutions. 

Pendant deux demi-journées, réunissant près d’une cinquantaine de personnes, le CIPC a réuni chercheurs et chercheuses, personnes étudiantes et professionnelles de la santé, de l’éducation, de la sécurité publique, de la justice, du milieu communautaire, ainsi que des personnes représentant des milieux institutionnels et municipaux. Ensemble, ils ont analysé les dynamiques de méfiance, partagé des expériences concrètes et proposé des pistes d’action pour bâtir des relations de confiance durables. 

Dès l’ouverture, l’équipe du CIPC a présenté les objectifs de l’école d’été : créer un espace de dialogue, croiser les regards scientifiques, citoyens et professionnels, et réfléchir collectivement à des solutions ancrées dans les réalités locales. 

Jour 1 – Explorer les multiples visages de la méfiance 

L’après-midi du 26 août a ouvert le bal avec une série de présentations et de témoignages. 

Janny Montinat et Alexis St-Maurice, analystes et chargés de projet au CIPC, ont illustré la manière dont la méfiance s’exprime dans différents contextes : communautés locales, institutions scolaires, services sociaux, ou encore recherche. Ils ont montré que la confiance ne peut pas être imposée : elle se mérite et se construit progressivement.

Michelle Côté, conseillère scientifique au CIPC, a mis en lumière les enjeux souvent invisibles derrière la confiance et la méfiance envers les institutions, en s’appuyant sur des données issues d’enquêtes québécoises, canadiennes et internationales. Elle a insisté sur les conditions qui favorisent des interventions préventives réussies : agilité, flexibilité, équité et ouverture.

 

Marylin Coupienne, conseillère juridique à la FMHF a ensuite questionné le rôle du droit et des institutions de protection de la jeunesse dans la crise de confiance actuelle. Elle a souligné les impasses créées par des logiques interventionnelles trop centrées sur la preuve et la faute, au détriment du lien de confiance avec les familles. 

La journée s’est conclue par des discussions ouvertes entre les personnes présentes, suivies d’un cocktail de réseautage qui a prolongé les échanges. 

Jour 2 – Repenser les liens avec les institutions 

Le 27 août au matin, les participants ont approfondi la réflexion à travers des conférences et une table ronde. 

Victor Armony, professeur à l’UQAM et chercheur au CRIDAQ, a ouvert la journée en analysant la méfiance et le soupçon qui marquent les relations entre la police et les minorités racisées. Il existe une boucle de méfiance réciproque : plus la police interpelle certains groupes, plus ceux-ci développent une méfiance, laquelle entraîne de nouvelles interpellations. 

Carl Lacharité, professeur émérite à l’UQTR, a apporté le point de vue des familles sur leurs interactions avec les institutions de services, montrant que la confiance et la méfiance se construisent au fil du développement de l’enfant et dans la qualité du dialogue avec les professionnel·le·s. Il a aussi rappelé que la méfiance n’est pas toujours un signe de rupture sociale, mais peut être une stratégie adaptative légitime face à des institutions perçues comme éloignées ou intrusives. 

Enfin, un panel de clôture a réuni l’ensemble des intervenants et intervenantes incluant Pierreson Vaval, fondateur d’organismes comme Équipe RDP et la coalition POZÉ. Ensemble, ils ont rappelé l’importance d’accompagner les familles et les communautés dans leurs interactions avec les institutions, afin de transformer des situations de méfiance en espaces de dialogue. 

Ils ont également insisté sur la nécessité de reconnaître les responsabilités partagées, de résister au découragement, et d’adapter nos manières de faire face aux transformations sociales et technologiques, notamment avec l’émergence de l’intelligence artificielle. 

Un espace d’apprentissage collectif et d’action 

En organisant cette école d’été, le CIPC a offert aux participants un espace privilégié pour échanger, confronter leurs points de vue et identifier des solutions concrètes aux défis de confiance qui traversent nos institutions.  

Cette école d’été a montré que la confiance est à la fois un enjeu de données, un enjeu de pratiques et un enjeu de relations humaines. Elle ne peut être imposée d’en haut : elle se construit dans l’expérience quotidienne, par la reconnaissance mutuelle, la participation active des citoyens et citoyennes et des communautés, et l’engagement des institutions à travailler avec – et non seulement pour – celles et ceux qu’elles desservent. 

Le CIPC publie son diagnostic local de sécurité pour l’agglomération de Longueuil

Une tendance à la hausse du nombre de crimes contre la personne a été constatée dans l’agglomération de Longueuil entre 2018 et 2022. Toujours sur la même période, il a été noté que les jeunes femmes sont les plus nombreuses au chapitre des victimes de crimes dans les espaces privés, et que les jeunes de 12 à 17 ans représentent le plus grand nombre de victimes en milieu scolaire. Ces exemples d’observations analysées de la criminalité dans les espaces de vie de l’agglomération ont encouragé la nécessité de renforcer la collaboration entre différents acteurs locaux, tels que la police, les institutions publiques et les organismes communautaires, pour mettre en place des mesures de prévention coordonnées et efficaces.  

Par l’entremise du Fonds pour bâtir des communautés plus sécuritaires (FBCS) du gouvernement du Canada, puis versé en partie au Gouvernement du Québec dans le cadre d’une entente, la Ville de Longueuil a mandaté le CIPC pour l’accompagner dans la réalisation d’un diagnostic local de sécurité. Ainsi, ce rapport vise à brosser un portrait de la sécurité chez les jeunes citoyennes et citoyens de l’agglomération de Longueuil et à stimuler la participation de la communauté aux enjeux de sécurité. 

Réalisée par une approche collaborative favorisant une transformation positive et durable ainsi que par une approche d’analyse par espace de vie, le rapport fournit une analyse quantitative à partir des données policières fournies par le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL). Ce rapport fournit également une analyse qualitative qui a été menée en collaboration avec les acteurs locaux, mettant à contribution des activités consultatives auprès des jeunes de l’agglomération. Cette étude propose finalement des recommandations et solutions concrètes, adéquates et adaptées aux réalités locales, pour renforcer et créer des espaces publics plus sécuritaires. 

Le rapport se présente en 4 sections : 

  • Un cadre d’analyse qui établit les bases de l’étude, en abordant la sécurité urbaine et l’approche par espace de vie. Elle met également en garde contre les limites de l’utilisation des données policières et de l’analyse quantitative ;  
  • Un portrait de la criminalité dans les espaces de vie qui offre une vue d’ensemble de la criminalité dans l’agglomération de Longueuil, en détaillant les auteurs présumés et les victimes par lieux d’infraction, les relations entre victimes et auteurs, ainsi que la temporalité et la géographie des infractions, etc. ; 
  • Les résultats de l’enquête sur le terrain, tels les facteurs de risque et le sentiment de sécurité dans les espaces publics de l’agglomération, en explorant les enjeux liés à la cohabitation sociale, le milieu scolaire, la vie familiale et la parentalité, les cyberviolences, etc. ; 
  • Les conclusions et pistes de solutions en collaboration avec des jeunes et des acteurs du milieu pour améliorer la sécurité, renforcer les ressources humaines et financières, coordonner les structures organisationnelles, et développer des stratégies de protection pour l’espace privé, l’espace public, le milieu scolaire et le cyberespace. 

Découvrez le rapport ici 

Lire le communiqué de presse 

Le CIPC dans les médias !

Le 3 avril 2024, Michelle Côté conseillère scientifique à la tête de l’équipe de la recherche du CIPC, a réalisé une entrevue à l’émission présentée par le journaliste Benoit Dutrizac sur Qub Radio pour discuter à propos de la sécurité des filles, femmes et aînées dans les espaces privés et publics à Montréal.  

Même si de nombreux progrès en termes de soutien et d’accompagnement pour les femmes ont été réalisés depuis les dernières années, il était notamment question de l’importance de mettre en place des stratégies de prévention pour les femmes et les adolescentes face à la hausse des actes d’intimidations et de violences dans différents arrondissements de la Métropole.  

C’est dans ce contexte qu’en 2023, en réponse aux diverses formes de violences affectant les filles, les femmes et les aînées dans l’arrondissement de Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension, à Montréal, le CIPC a réalisé un Diagnostic local de sécurité mandaté par cet arrondissement pour dresser un portrait de la situation en matière de sécurité sur son territoire et formuler des recommandations quant aux initiatives qui pourraient être mises en place pour améliorer la situation. 

Pour écouter l’entrevue

Découvrez le rapport ici (version synthèse) 

Découvrez le rapport ici (version complète)  

Le CIPC publie un rapport sur l’actualisation des stratégies de recrutement des jeunes par les gangs criminalisés

Aujourd’hui, outre l’utilisation massive des réseaux sociaux qui peut conduire les jeunes filles et les jeunes garçons à se tourner de plus en plus vers les réseaux de délinquance, il faut savoir que les mauvaises fréquentations, le besoin de reconnaissance, la pauvreté, ou encore, le manque d’opportunités pour les jeunes de s’engager dans des activités légitimes sont des facteurs déterminants d’enrôlement de ceux-ci dans des activités criminelles.   

Ce fléau croissant a conduit le Centre International pour la Prévention de la Criminalité à mener une étude approfondie dans le but de saisir pleinement le phénomène, les enjeux du recrutement des jeunes et d’en comprendre ses acteurs impliqués de près ou de loin. Ainsi, le ministère de la Sécurité publique du Québec a mandaté le CIPC à travers son Laboratoire en sécurité urbaine de Montréal en 2022 pour réaliser une collecte de données qui vise à actualiser les connaissances sur les réalités du terrain de manière à mieux prévenir le recrutement des jeunes par les gangs criminalisés. 

L’objectif final de ce rapport est donc de fournir des informations cruciales pour une meilleure compréhension de ce phénomène et de formuler des recommandations afin d’améliorer la sécurité des milieux de vie pour le territoire concerné de la ville de Laval, ville au Québec située en banlieue de la ville de Montréal. Selon le rapport d’activités 2021 de la police de Laval, son nombre d’affaires en matière de criminalité a augmenté de 14 %, entre 2020 et 2021, comprenant ainsi un grand nombre d’évènements reliés aux armes à feu (42) en 2021.   

 

Le rapport se présente en 3 sections : 

1. Un cadre d’analyse du phénomène et des caractéristiques propres aux gangs criminalisés, ainsi que sur les facteurs de risque et de protection liés à leur adhésion. 

2. Le contexte sociospatial de l’étude, en mettant en lumière les caractéristiques sociodémographiques, socio-économiques et sociocontextuelles spécifiques du territoire concerné, à savoir le quartier de Chomedey à Laval. 

3. Une troisième section qui comporte cinq sous-parties :  

  • Quelques éléments définitionnels afin de bien cerner le sujet de l’étude ; 
  • Les facteurs de risque associés à l’adhésion à des gangs criminalisés ; 
  • Le rôle et le recrutement des femmes et des jeunes filles au sein de ces réseaux ; 
  • L’importance croissante des réseaux sociaux dans le processus d’adhésion aux gangs criminalisés ; 
  • Une évaluation du système d’intervention actuel en vue d’identifier les pistes de solutions manifestées par les parties prenantes pour prévenir ou réduire le risque d’adhésion des jeunes à un gang criminalisé. 

Découvrez le rapport ici 

Lire le communiqué de presse 

Le CIPC a été mandaté par la Ville de Terrebonne pour un diagnostic local de sécurité

En collaboration avec le CIPC, la Ville de Terrebonne, au Canada, a entrepris une initiative pour renforcer la perception de la sécurité et le bien-être de ses citoyens. 

Cette démarche s’inscrit dans un effort plus large pour élaborer des stratégies et actions concrètes en faveur de la sécurité des résidents de la municipalité. Avec plus de 1,3 million de dollars octroyés par le Fonds pour bâtir des communautés plus sécuritaires du gouvernement du Québec, les consultations et groupes de discussion menés depuis le 18 janvier avec des communautés spécifiques, ainsi que la future consultation avec les partenaires de la Ville pour l’élaboration d’un plan d’action prévue en avril 2024, témoignent de l’engagement de Terrebonne à bâtir un environnement sûr et inclusif pour tous. Un sondage en ligne se déroulant en février et mars fait également partie des quelques-uns des éléments qui nous permettront de bien documenter les enjeux de sécurité dans la ville. 

Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire l’article « Terrebonne mènera une consultation afin de connaître la perception des différentes communautés au sujet de la sécurité » sur CFNJ (publié le 9 février 2024) : https://bitly.ws/3dimZ  

Le CIPC mandaté pour un diagnostic local de sécurité à Pakua Shipi

C’est par l’intermédiaire du Programme de soutien aux municipalités (PSM) du ministère de Sécurité publique, qui octroie du financement aux organisations municipales de moins de 100 000 habitants dans la province du Québec, que le CIPC a été mandaté afin de réaliser un diagnostic local de sécurité pour la communauté de Pakua Shipi. Cette initiative, soutenue par le gouvernement provincial, vise à renforcer la sécurité des communautés et à prévenir la criminalité à travers diverses mesures préventives. 

Petite communauté innue de la Basse-Côte-Nord de 350 habitants, son isolement géographique fait en sorte qu’elle peine à assurer un ensemble de services publics de qualité. Cela entraîne des défis d’embauche et de rétention de personnel et par conséquent, impacte les conditions socioéconomiques de la population. De plus, différents évènements historiques liés à la colonisation ont entraîné la transmission de traumas à travers les générations, desquels découlent plusieurs problématiques sociales et économiques. 

Dans ce contexte, l’expertise du CIPC dans la réalisation d’un diagnostic local de sécurité constitue une première étape indispensable afin de procéder à un état des lieux des enjeux de sécurité et de violence dans la communauté avant de mettre en place des solutions et un plan d’action sur le long terme pour la communauté.   

Ce projet a été réalisé au courant de 2022 et s’est terminé en 2023.

Chronique du CIPC sur France 24

Dans le cadre d’une chronique sciences sur France 24 qui a porté sur la connaissance de moyens au Canada pour détecter et prévenir les risques de délinquance auprès des jeunes enfants, le CIPC a été invité à y intervenir.  

Dans cette entrevue, Anne Vandelle, analyste et coordinatrice des activités et projets au CIPC, s’intéresse au travail qui peut se faire autour d’un ensemble de facteurs de protection chez les jeunes enfants. Ces derniers peuvent avoir un impact positif auprès d’eux, plus précisément sur leur sécurité et leur sentiment de sécurité. À travers quelques exemples de programmes, nous notons l’importance de compenser les facteurs de risques par des facteurs de protections, tels que la santé physique et mentale, et le sentiment de sécurité, afin prévenir les risques de délinquance dès l’enfance.   

Pour visionner la chronique “Crime prevention: Scientific methods help protect minors and their families” :  https://bit.ly/3h9Gy5f