Sécurité dans les réseaux de tramway : un regard international pour éclairer l’action publique

À travers le monde, les réseaux de tramway font face à des enjeux complexes de sécurité et de sentiment d’insécurité qui influencent directement l’acceptabilité sociale, la fréquentation et la réussite des projets de transport collectif. Dans ce contexte, le CIPC publie une revue de littérature internationale offrant une lecture rigoureuse et comparée de ces enjeux de sécurité et de prévention de la criminalité.

Cette Revue de littérature internationale sur les enjeux de sécurité dans les réseaux de tramway s’appuie sur une analyse approfondie des travaux scientifiques et des pratiques observées à l’échelle internationale. Elle montre que la sécurité dans les réseaux de tramway ne se limite pas à la criminalité mesurée, mais s’inscrit dans un ensemble plus large de conditions liées à l’organisation des réseaux, à leurs environnements urbains et aux interactions sociales qui influencent le sentiment d’insécurité des usagers.

Le rapport examine notamment les crimes contre la propriété, les agressions, les menaces et le harcèlement, ainsi que les incivilités et le désordre social, tout en soulignant le rôle central de la perception de sécurité dans l’usage des réseaux. Il propose également un cadre analytique structuré autour de trois dimensions de la sécurité urbaine dans les transports, c’est-à-dire personnelle, organisationnelle et contextuelle, afin de mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre.

En documentant ces apports de la recherche internationale, cette revue offre un cadre analytique de référence pour permettre de mieux comprendre les mécanismes qui façonnent la sécurité réelle et le sentiment d’insécurité, et de nourrir les discussions et les analyses en matière de politiques publiques, de prévention et de gouvernance dans les réseaux de tramway.

Cette revue s’inscrit dans la mission du CIPC, qui consiste à produire et à diffuser des connaissances comparables à l’échelle internationale, afin de soutenir une compréhension partagée des enjeux de sécurité et de prévention dans les transports collectifs.

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Portrait chiffré de la criminalité en 2024 dans l’agglomération de Montréal

Le CIPC publie un portrait chiffré de la criminalité 2024 pour l’agglomération de Montréal. Fondé sur des données policières vérifiées issues du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC 2.2) du ministère de la Sécurité publique du Québec (MSP Québec), Canada, ce document vise à éclairer la décision des acteurs municipaux, communautaires et institutionnels, afin d’ajuster les politiques et interventions aux réalités territoriales et sociales locales.

Le rapport, réalisé avec l’appui du MSP Québec et de la Ville de Montréal, dresse un état des lieux des crimes contre la propriété et des crimes contre la personne pour l’année 2024. Il situe ces résultats dans une perspective évolutive en analysant les tendances observées entre 2018 à 2024.

Cette analyse quantitative des données met l’accent sur les crimes contre la personne (infractions pouvant entraîner la mort, infractions sexuelles, voies de fait, infractions entraînant une perte de liberté, menaces, actes de violence et infractions relatives au proxénétisme et à l’obtention de services sexuels) ainsi que sur les crimes contre la propriété (incendies criminels, introductions par effraction, vols, recels, fraudes et méfaits).

En 2024, l’agglomération a recensé 85 710 affaires criminelles. Les crimes contre la propriété représentent 66 % (56 159 affaires) et les crimes contre la personne 34 % (29 551 affaires). Les taux s’établissent à 28 pour 1 000 habitants (propriété) et 14,7 pour 1 000 (personne).

À partir de cette analyse, certains constats se dégagent :

  • Évolution différenciée : depuis 2018, les crimes contre la personne ont augmenté de 60,2 %, avec des voies de fait qui demeurent majoritaires en 2024. D’un autre côté, les crimes contre la propriété ont dans l’ensemble crû sur la période, avec une hausse marquée de 34,7 % entre 2021 et 2023, puis une baisse de 10,4 % en 2024 par rapport à 2023.
  • Lecture territoriale : certains secteurs caractérisés par une forte mobilité urbaine et une mixité d’usages présentent des taux plus élevés. Leur interprétation exige une lecture nuancée qui tienne compte des flux quotidiens et de la fréquentation élevée des pôles de transport et d’activités de loisirs. Dans ce contexte, et compte tenu de l’importance du facteur de mobilité, l’interprétation des liens entre les facteurs de risque pour la population et le nombre d’actes criminels dans ces secteurs doit être abordée avec discernement.
  • Espaces de vie : la majorité des crimes contre la personne se produisent en espaces privés, avec 47,7 % des événements enregistrés dans ces milieux, dont 38,8 % principalement dans des unités d’habitation ; les crimes contre la propriété, eux, se concentrent dans les espaces publics ouverts avec 44,7 % des faits, et 28,1 % se déroulent sur la voie publique.

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