Aujourd’hui, outre l’utilisation massive des réseaux sociaux qui peut conduire les jeunes filles et les jeunes garçons à se tourner de plus en plus vers les réseaux de délinquance, il faut savoir que les mauvaises fréquentations, le besoin de reconnaissance, la pauvreté, ou encore, le manque d’opportunités pour les jeunes de s’engager dans des activités légitimes sont des facteurs déterminants d’enrôlement de ceux-ci dans des activités criminelles.
Ce fléau croissant a conduit le Centre International pour la Prévention de la Criminalité à mener une étude approfondie dans le but de saisir pleinement le phénomène, les enjeux du recrutement des jeunes et d’en comprendre ses acteurs impliqués de près ou de loin. Ainsi, le ministère de la Sécurité publique du Québec a mandaté le CIPC à travers son Laboratoire en sécurité urbaine de Montréal en 2022 pour réaliser une collecte de données qui vise à actualiser les connaissances sur les réalités du terrain de manière à mieux prévenir le recrutement des jeunes par les gangs criminalisés.
L’objectif final de ce rapport est donc de fournir des informations cruciales pour une meilleure compréhension de ce phénomène et de formuler des recommandations afin d’améliorer la sécurité des milieux de vie pour le territoire concerné de la ville de Laval, ville au Québec située en banlieue de la ville de Montréal. Selon le rapport d’activités 2021 de la police de Laval, son nombre d’affaires en matière de criminalité a augmenté de 14 %, entre 2020 et 2021, comprenant ainsi un grand nombre d’évènements reliés aux armes à feu (42) en 2021.
Le rapport se présente en 3 sections :
1. Un cadre d’analyse du phénomène et des caractéristiques propres aux gangs criminalisés, ainsi que sur les facteurs de risque et de protection liés à leur adhésion.
2. Le contexte sociospatial de l’étude, en mettant en lumière les caractéristiques sociodémographiques, socio-économiques et sociocontextuelles spécifiques du territoire concerné, à savoir le quartier de Chomedey à Laval.
3. Une troisième section qui comporte cinq sous-parties :
- Quelques éléments définitionnels afin de bien cerner le sujet de l’étude ;
- Les facteurs de risque associés à l’adhésion à des gangs criminalisés ;
- Le rôle et le recrutement des femmes et des jeunes filles au sein de ces réseaux ;
- L’importance croissante des réseaux sociaux dans le processus d’adhésion aux gangs criminalisés ;
- Une évaluation du système d’intervention actuel en vue d’identifier les pistes de solutions manifestées par les parties prenantes pour prévenir ou réduire le risque d’adhésion des jeunes à un gang criminalisé.
